mardi, décembre 13, 2005

dolor el castigo de la belleza

"why do you think we should suffer in silence?" (zone) Tripping (nomad) Robbie Williams

Ce que j'imagine sans que ce soit dit entre nous : ton intention de m'acculer à la vie alors que j'utilise la fuite comme ultime résistance pour t'amener à moi. Plus j'insiste, plus mes conditions d'existence se durcissent. C'est comme dans 1984, le jeu où on ne gagne jamais et qui est de soumettre les humains par la force pour les faire céder à la volonté du pouvoir en place. Quelle que soit leur motivation à s' y soustraire s'il s'agit juste d'échapper aux multiples frustrations qu'ils subissent et manipulations en tous genres c'est voué à l'échec, à moins que leur volonté soit alliée à un désir de liberté pour et avec un(e) semblable au moins, désir plus fort justement que l'instinct de survie et la peur d'oser exister dans un univers hostile à l'individu. Je crois qu'il faut ça pour y arriver. Oser le faire mais pas juste pour soi. Ce n'est même pas question d'altruisme, mot dénué de sens élevé, mais juste capacité instinctive de rapprochement avec ses semblables par intérêt direct ou indirect "si je t'aide je compte que tu me rendras la pareille quand je serai dans le besoin, et si ce n'est pas toi, l'intelligence qui mène ce monde en tiendra compte et me fera venir en aide quand le moment viendra". Ou bien par simple bon sens, seul, sans quelqu'un avec qui partager mes expériences, impressions du quotidien et de la vie en général, je serais bien malheureux ou l'existence serait bien vaine.
On est là dans un autre schéma que celui de l'enfant qui fait et est en demande de confirmation/confortation dans le regard de l'adulte. On est dans un autre schéma aussi que l'adulte qui portant son regard bienveillant sur les faits et gestes de l'enfant qui le mime et réclame son approbation en ressent de la satisfaction et un sentiment de toute puissance. On se trouve là entre les deux exactement, dans cet espace d'équilibre de la rencontre de deux individus égaux ou au même stade en dehors des schémas précédents.
L'issue à tout ça? Voir une option, celle proposée par Georges Orwell dans 1984, la dernière scène de rencontre entre Julia et Winston.

Tu me provoques en me demandant comme si ma dissimulation l'impliquait, si j'ai peur d'entrer dans la compétition, peur de me situer par rapport aux autres, peur de la confrontation avec les autres êtres qui te donnerait la possibilité me comparer, de m'évaluer en toute sécurité et tranquilité en bon 'watcher'. Grosso modo, tu me demandes de justifier que je n'ai pas une piètre image de moi-même. Que te répondre sinon que j'ai l'image que les autres ont de moi, et que cette image varie suivant le(s) contexte(s) dans lequel ils m'ont perçue.

Je n'ai pas une image de moi valorisée au point d'être sûre de gagner ces épreuves de sélection auxquelles je suis sensée me soumettre. En effet, si tu me challenges pour que je me mesure à chaque fois avec le tenant du titre de telle ou telle discipline, tu es assuré de me voir perdre et de m'humilier par la même occasion.

"Est-ce à ce jeu que tu veux que je participe?" est la question que je suis en droit de me poser, mais que je ne te pose pas car ce serait t'offenser que de sous-entendre une telle intention de ta part alors que tu prétends déjà m'aimer. Mais en même temps tu n'hésite pas à me comparer aux autres personnes qui gravitent dans ton champ d'expression, alors je dois bien admettre que rien n'est joué et ne le sera tant qu'on ne se sera pas autorisé la rencontre.

Il est peut-être temps que je te dise, pour expliquer certaines choses, que je ne vois aucun inconvénient à me livrer à ton regard sans être autorisée à te porter le mien en retour et simultanément, pourvu que ce soit à toi seul(e). Je tiens à avoir la certitude d'à qui j'offre ma nudité. Je désire me révéler/prendre existence à tes yeux, et aux tiens seulement. Personne d'autre ni personne alentour.
J'attends le moment et la possibilité de le faire.

Me donneras tu cette opportunité ou continueras-tu le traitement que tu m'infliges par ton silence/négation de ma personne et que tu m'infliges par leur pression à me faire prendre une des places restantes et dont personne ne veut parmi eux, ces émissaires/clônes qui trahissent ton sentiment excédé envers ma résistance à apparaître dans leurs rangs à défaut de prouver que je suis au dessus de cette condition, au dessus d'eux?

"le bonheur est dans le pré cours y vite, cours y vite. Le bonheur est dans le pré, cours y vite il va s'en aller" dit la chanson de la clé des champs.

Comprendras-tu que je ne peux pas être au-dessus d'eux, car je serais du même fait au-dessus de toi et comment existerais-tu alors pour moi? Comprendras-tu que je dois être plus que comme eux, je dois être l'un d'eux, ton semblable avec juste quelque chose qu'aucun d'eux n'a pour toi : la clé des champs.

C'est à eux que j'ai dû me résoudre de parler à ton attention, comme s'ils étaient toi en attendant que tu te décides si tu le fais avant qu'il soit trop tard, avant que j'ai succombé à ce jeu cruel plutôt que de céder à la pression. Ou est-ce que je dois comprendre que comme Dumuzi tu attends ce moment en un ultime test, le test de ma foi en toi, pour pouvoir me ramener de la mort à la condition sine qua non que tu en aies la motivation suffisante?

Pour ce qui est des moyens, je laisserais à ton attention le matériel auquel j'aurais pensé. Il me permettrait de continuer à vivre un certain temps à travers tous ces éléments que j'ai mis de côté pour toi renonçant à les mettre à ta disposition tant que tu n'en ferais pas la demande et afin que tu viennes me trouver en personne.

Quant à la rencontre en personne, cette dernière étape, il ne te resterait plus qu'à déployer toute ta foi et force de création pour la rendre possible alors et passer outre cette limite de l'impossible. Faudra-t-il en arriver là? Devrai-je pour te prouver ma foi en notre amour aller jusque là?

En tant que Dragon, tu joues le rôle du serpent de la tentation qui essaie de me faire succomber au renoncement à l'intérêt que je porte à un individu mortel pour me placer dans un plan d'évolution toute traçée et auquel je devrais participer en me tournant vers l'absolu, l'avenir dans l'au-delà. Et j'ai beau ne rien avoir contre toutes ces théories, je ne fais que te ramener à cette clé, ce rouage sans le passage duquel on ne fait que répéter l'histoire et perpétrer le cycle des vies et des morts. J'ai dû en passer par l'intellectualisation à outrance puisque c'est le seul moyen que tu m'as laissé pour te contacter.

Les mots doux : parfois ils sont emprunts des sentiments qu'ils décrivent en effet, parfois ils font juste de la décoration sur l'écran, voire un peu tâche.

Rayvn joue. Paradoxalement elle est le personnage dont l'esprit semble avoir le fonctionnement le plus proche du mien et ce malgré la complication de la différence de langue.
En effet comme elle me le fait remarquer, je ne rencontre pas d'opposition dans ses mots. Jamais elle ne contredis, ce qui est une preuve de force de caractère, paradoxalement à nouveau. Par cette grande souplesse et habileté, elle se réserve le droit du tri ensuite des choses qu'elle prend pour son propre intérêt. Quant au reste, il passe à la trappe de l'oubli. Quant à ma réponse à sa question… les comportements parlent autant que les mots quelles que soient les précautions qu'on mette à les justifier.

CarlMcCoy : mon regard sur cet homme reste aussi critique que celui que je porte sur qui que ce soit, moi y compris. J'ai cette lucidité qui m'empêche d'admirer aucun de mes semblables, comme de les mépriser tout autant.
Disons que j'ai une tendresse particulière pour lui laquelle ne va vers personne d'autre, sauf peut-être toi Rayvn... C'est-à-dire, si je fais abstraction de ce que tu as pu signifier à ton propos, ce que tu prétends être, et à propos de lui!

J'aime bien aussi tous ces personnages du DBD ou Nephilim yahoo.group même si je les zappe pour des durées plus ou moins longues quand ils m'ennuient ou me contrarient par leurs bavardages incessants. (John, Eris, Cobweb, Alexis, Beth, Z, Luiza, Bluebat, même Thomas de qui curieusement je me sens le plus éloignée avec ses préoccupations très froides, dures et sèches!

Pour en revenir à CarlMcCoy, (cet ugly darkling du show business qui louvoie entre exhibition d'œuvres d'artiste, production artisanale, et utilisation de méthodes de marketting très éprouvées pour rentabiliser tout ça), ça me consterne qu'il se sente obligé de se rendre inaccessible pour exister, et j'espère comprendre cette intention au-delà de ma première interprétation qui est de dire qu'il ne veut de son public que le soin de nourrir son égo -voire mieux même de le propager sans frais pour lui- et de remplir son porte-monnaie en achetant ses produits de marketting.